Le Docteur Éléonore « Léo » Moreau s’installa dans son bureau. L’air était déjà lourd du parfum « Savannah Glow » de sa bougie ambrée, une odeur d’herbe sèche et de terre chaude qui rappelait instantanément les paysages au-delà de sa fenêtre, avec leurs baobabs ancestraux. Son carnet était ouvert, ses lunettes de lecture posées sur les pages jaunies, prêtes pour la relecture de ses notes de terrain. Les guides usés, « Birds of the Serengeti » et « African Mammal Guide », étaient empilés avec soin.
Mais c’était le dessous de tasse qui retenait son attention ce matin.
Il s’agissait d’une petite girafe en crochet, une œuvre d’art textile au corps d’or fin et aux taches brunes, s’allongeant sur le dos. Elle avait été fabriquée par une coopérative de femmes locales dans un village voisin de sa station de recherche. La petite-fille de la tisserande, une enfant de dix ans nommée Imani, l’avait glissée dans la main de Léo le jour de son départ pour son bureau de la réserve. « Docteur, ma grand-mère dit que cette girafe ne doit jamais rester à l’intérieur. Elle a besoin de voir le monde, » avait-elle dit, les yeux brillants. « S’il te plaît, prends-en soin. »
Léo n’avait pas eu le cœur de lui dire qu’elle passerait la plupart de son temps sur son bureau. Mais elle s’était fait une promesse : la girafe l’aiderait à voir le monde d’une autre manière.
Sur le dos de la petite girafe, Léo avait posé sa tasse noire préférée. Un dessin délicat de cerf élaphe y était gravé, un cadeau de son mentor écossais pour qu’elle n’oublie pas ses racines boréales. C’était une étrange alliance : le cerf du nord sur la girafe du sud. Mais d’une certaine manière, cela fonctionnait. L’hippopotame miniature en bois, sculpté par son grand-père, surveillait la scène de son coin de table, comme un témoin silencieux de cette alliance géographique improbable.
Léo prit une gorgée de son café, respirant l’arôme de la savane, tandis que la girafe crochetée maintenait fermement le cerf et son café, l’aidant à se sentir connectée à ses deux mondes. Elle sourit, reposa la tasse sur le cœur en mousse, et la petite girafe sembla l’accueillir avec une gratitude silencieuse. Elle caressa sa tête crochetée, promettant de lui montrer bientôt une photo de son premier éléphant de mer.








